Les bases à savoir pour réussir ses savons et les personnaliser

Le savon résulte du mélange de la lessive de soude (soude NaOH + eau) et d’huiles ou beurres.

On peut utiliser des graisses végétales ou animales.

Quelques prérequis :

Pour que le savon soit ni trop dure ni trop mou, essayer d’avoir au moins 50% d’huiles qui sont à l’état solide à froid (beurre de karité, beurre de coco, cacao)

L’huile d’olive peut être considérée comme un beurre, sa saponification donne un savon dur.

Utiliser 30% d’huile ou beurre de coco pour que ça mousse correctement (végétaline).

Si vous ajoutez 10% d’huile de ricin ou de babassu, la mousse sera plus fine et onctueuse.

Pour manipuler la soude, il est plus prudent d’avoir gants, lunette de protection, tablier. Le vinaigre (acide) « annule » le soude (basique) donc gardez toujours une bouteille de vinaigre à proximité lorsque vous fabriquez les savons. Si vous vous brulez à la soude, versez du vinaigre blanc puis rincez abondamment à l’eau.

Le plus simple quand on débute est d’utiliser la lessive de soude. Quand vous serez à l’aise, vous pourrez utiliser de la soude en poudre avec de l’eau. L’intérêt de la soude en poudre est de pouvoir moduler sa quantité d’eau afin de pouvoir procéder à des ajouts (aloe vera, miel, etc) ou de pouvoir fabriquer des shampoings (en remplaçant l’eau par de la bière éventée).

En général, on se basse sur 1/3 eau pur 1 volume d’huiles.

Quand on mélange de la soude en poudre, toujours verser la soude dans l’eau et non l’inverse. Ensuite, verser la lessive de soude ainsi obtenue dans les huiles à travers une passoire pour enlever les impuretés contenues dans la poudre de soude.

Attention, quand on mélange la soude dans l’eau, le mélange monte à 90°C. (utilisez un récipient en pyrex)

Lorsque l’on mélange la lessive de soude et les huiles, il faut qu’elles aient à peu près à la même température.

On surgraisse toujours le savon pour qu’il nourrisse plus la peau et pour éviter un éventuel excès de soude.

Une bonne base est de surgraisser à 10% pour un savon et à 20% pour un shampoing.

2 façons de surgraisser : soit on diminue de 10% la quantité de soude soit on augmente de 10% la quantité d’huile

On peut choisir d’ajouter une huile dont on voudrait conserver les vertus, dans un second temps, à notre mélange lessive de soude + autres huiles. Ainsi, l’huile « précieuse » ne subira pas la saponification, elle ne sera pas transformée en savon. Cela s’appelle l’ajout d’huile à la trace.

On calcule les quantités de soude grâce aux indice de saponification des huiles.

Exemple : 

Savon de Marseille classique

1kg Huile d’olive : 1000 x 0,134 (indice de saponification de l’huile d’olive) = 134 g de soude en poudre (NaOH)

Cela veut dire qu’il faut 134g de soude pour transformer 1kg d’huile d’olive en savon.

Je surgraisse à 10 % : 134 x 0,9 = 120,6 g de soude que j’ajouterai à 333 g d’eau (1kg d’huiles/3)

J’utilise de la lessive de soude à la place de la soude en poudre :

La lessive de soude contient de la soude à 30,5%.

120,6 / 0,305 = 395,4 g de lessive de soude à 30,5%

Lors du mélange, la température des huiles et de la soude doit être la même et ne pas excédé 48°C. Plus vous mélangez à chaud et plus le mélange va prendre vite : on appelle ça obtenir la trace. Plus on est froid, plus il faudra mixer.

Obtenir la trace permet d’être certain que notre savon ne déphasera pas.

Il y a différents types de traces : de légère à épaisse.

Trace franche, presque épaisse

Plus la trace est liquide, plus on peut faire des ajouts (HE, poudre de plante, exfoliant naturel, miel, etc…).

Plus la trace est épaisse et plus il faut se dépêcher de couler la pâte à savon dans le moule et bien le tasser pour chasser les bulles d’air.

On mélange donc les deux à la même température à l’aide d’un mixeur et/où d’un fouet pour ne pas que la trace vienne trop vite. On ajoute les huiles essentielles (HE) ou fragrance. Comptez 40g d’HE pour 1k d’huile.

On coule la pâte à savon dans un moule (silicone, plexi). On recouvre avec un film alimentaire. On laisse reposer 24h. Pendant ce temps, le mélange durcit puis il réchauffe. Selon la température de mélange au départ, on peut observer le coeur du savon qui redevient liquide en chauffant quelques heures après. C’est normal c’est un gage de réussite.

Au bout de 24h, on démoule et on coupe. 

Ensuite, on laisse sécher 1 mois. C’est le temps nécessaire pour que la saponification se fasse, c’est-à-dire être sur que toute la soude a interagit avec les huiles pour en faire du savon.

Savon ok : homogène, les fragrances sont toujours présentes, test de la langue ok : goût de savon, pH > 9, pas de sensation d’assèchement de la peau quand vous vous lavez avec

Savon raté : point blanc (cristaux de soude non mélangé), test de la langue pas ok : comme un petit coup de jus, l’odeur n’a pas tenu, peau asséchée par le savon, rougeur 

Si la surface du savon a blanchit, on appelle ça de la cendre de soude, ce n’est pas grave, c’est juste la réaction du savon en formation avec l’air ambiant.

Conseil sur la quantité des huiles :

  • huile d’olive jusque 100% (0,134)
  • huile de tournesol (0,134) ou huile de colza (0,124) jusque 20%
  • beurre de karité : autant qu’on veut (0,128)
  • coco ou coprah : 30% (0,19)
  • les autres huiles : 10 à 15% et vous êtes sur de ne pas avoir de soucis (savon qui rancit vite) (sésame 0,133)

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